
Un plaisir
étrange et fulgurant auquel, on a accès avec plus ou moins de succès. Et surtout
de sérénité!
Le plaisir un chemin personnel: influencé par de multiples facteurs, éducation,
religion, stress, fatigue... l'orgasme est un phénomène complexe. Un chemin vers
l'extase aussi personnel qu'il y a d'individus et qui nécessite, pour
l'atteindre, une bonne connaissance de soi. Bouillonner d'ardeur, le mot orgasme
est d'abord synonyme d'hystérie, puis d'érection, avant de trouver son sens
actuel de point culminant du plaisir sexuel. La définition des dictionnaires ne
nous en dira pas plus. Les travaux pratiques s'imposent... Et pourtant, bien que
de très nombreuses femmes en connaissent la sensation, on dirait qu'elles ne
parlent pas de la même chose. Est-ce parce que l'orgasme féminin émane de
plusieurs points pour irradier le corps et l'esprit ?
Clitoridien
ou vaginal, le plaisir serait d'abord cérébral:
Clitoridien, il serait plus accessible, plus fort. Ce serait même le point
cardinal de l'extase. " Pas d'accord ! ", rétorquent les adeptes de l'orgasme
vaginal, qui, dans la lignée de Freud, trouvent dans cette voie un plaisir plus
abouti et plus adulte. " Tout est lié, c'est l'interdépendance absolue ! ",
assure un troisième groupe d'expertes... Et c'est justement parce qu'il est fait
de tout cela, d'autant de lieux du corps que de fantasmes, qu'il est si
complexe. Le voile moral qui a recouvert le plaisir féminin pendant tout le XIX°
siècle n'a pas favorisé l'exploration du mystérieux " continent noir ". Depuis ,
que l'orgasme soit clitoridien, vaginal ou anal, l'important c'est le plaisir.
Le plus total et le plus puissant serait même d'abord cérébral ! Une corde de
plus à notre arc ? Oui, mais c'est aussi le lieu de certains blocages.
Les clés
pour accéder à ce plaisir si mystérieux?
Qu'est-ce que l'orgasme et pourquoi certaines femmes ont-elles des blocages
C'est un mélange de sensations physiques, de sensualité et d'imaginaire, chaque
orgasme est spécifique. On y parvient harmonieusement après avoir passé les
étapes de la sexualité infantile. Le plaisir se localise dans une zone érogène,
puis passe à une autre. Parfois ça bloque: au stade oral, à cause de tensions
familiales ou d'une mère dépressive, au stade anal si l'apprentissage de la
propreté s'est fait dans la violence, etc. Sans compter l'environnement culturel
et religieux qui peut marquer notre rapport au plaisir.
L'obsession
de la performance peut-elle nuire à l'orgasme ?
On peut différencier l'amour et le plaisir, mais pas le corps et l'esprit. La
recherche de la performance, c'est au risque de perdre son plaisir et son
enrichissement intérieur. L'orgasme ce n'est pas avoir, c'est être. Ça se vit
dans le ressenti intime et secret. Sous couvert de libération, la surexposition
médiatique est perverse car elle est au fond castratrice et normative. Elle fige
et censure, alors que la sexualité est un espace de liberté qui s'invente à
chaque instant et où chacun est unique.
J'y parviens seule, mais pas avec mon homme !
Quand, j'ai eu ma première relation sexuelle, j'ai ressenti mon premier orgasme,
stimulée par... mon imagination! Et sans l'aide de mon partenaire qui ne
semblait pas être concerné par mes fantasmes. Cette onde, de plaisir qui n'est
jamais le même, je n'y parviens quasi jamais avec les hommes, car ils ne
prennent pas assez en compte la dimension du temps: j'ai besoin de
préliminaires. Si je leur explique, ils prennent ça pour une critique et,
entre-temps, mon désir redescend. Désynchronisée, je ne ressens plus rien. Je me
sens dédoublée. Quelquefois, je me vois assise en train d'observer la scène.
C'est dire si je me sens concernée !
Dans cet exemple, elle semble davantage prisonnière d'elle-même que des
reproches masculins. Sa peur de trahir l'autre par ses fantasmes expliquerait
qu'elle les garde pour la masturbation. Rendue inaccessible, elle se dérobe de
sa source d'angoisse, la sexualité. L'analyse pourrait l'aider à comprendre et à
surmonter ses inhibitions. Elle pourrait essayer de communiquer ce qu'elle
ressent à son partenaire, sans se sentir coupable, déçue ou désinvestie, mais en
faisant un jeu érotique afin de réunir fantasmes et réalité.
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